
NOTRE CORPS EST CONÇU POUR GUÉRIR DE LUI-MÊME PAR UN PROCESSUS EXTRÊMEMENT SIMPLE
Le Créateur a tout prévu pour notre bien-être et notre santé : notre corps est notre médecin
Par SettingBrushfires
Cette vidéo est basée sur les travaux du Professeur Yoshinori Ohsumi, biologiste cellulaire, qui lui ont valu le Prix Nobel de Physiologie ou Médecine en 2016,
Transcription et traduction de la vidéo :
Un processus se déroule actuellement au sein de chaque cellule de votre corps ; un processus dont la plupart des médecins ne parlent jamais, qu’aucun complément alimentaire ne peut reproduire, et qui ne nécessite ni effort, ni équipement, ni coût pour être activé. Il est capable de réparer l’ADN endommagé, d’éliminer les débris qui s’accumulent dans votre cerveau, de réduire l’inflammation à l’origine de la plupart des maladies chroniques, et de prolonger la durée de vie en bonne santé de presque tous les organismes sur lesquels les scientifiques l’ont testé. Ce processus s’arrête dès que vous commencez à manger.
Yoshinori Ohsumi, biologiste cellulaire japonais, a passé des décennies à étudier ce qui se passe à l’intérieur d’une cellule lorsque l’apport en nourriture cesse. Sa découverte fut si importante qu’elle lui valut le Prix Nobel de physiologie ou de médecine en 2016. Il s’avère que le corps ne se contente pas d’attendre lorsqu’il est privé de carburant : il change radicalement de mode opératoire. Il commence à se «manger lui-même», non de manière destructrice mais avec une précision chirurgicale, en démantelant ses composants les plus anciens et les plus endommagés pour les reconstruire de toutes pièces.
C’est le système de recyclage le plus sophistiqué jamais découvert, et il sommeille en vous tous les jours. Vous le court-circuitez en grignottant ! Ce mécanisme s’appelle l’autophagie et ne s’active que lorsque le «garde-manger» est vide. Voici ce que la plupart des gens comprennent tout à fait de travers : prêtez attention à votre estomac ici et maintenant. Si quelques heures se sont écoulées depuis votre dernier repas, vous ressentez probablement une légère sensation de faim, peut-être un petit creux. Toute votre vie, on vous a appris à interpréter cette sensation comme un signal d’alarme, une urgence biologique exigeant une solution immédiate : manger quelque chose rapidement, faire le plein avant de tomber en panne sèche…
Mais ce signal n’est pas une jauge de carburant ; il s’agit d’une hormone appelée ghréline, qui émet des impulsions par vagues. Son taux s’élève pendant environ 20 minutes puis, que vous mangiez ou non, il chute. La faim ne suit pas une courbe linéaire descendant vers zéro ; c’est une vague, et si vous la laissez passer — ce que presque personne ne fait jamais — elle finit par refluer, et votre corps bascule alors discrètement vers une source d’énergie qu’il a stockée précisément pour ce moment : la graisse contenue dans vos cellules et qui renferme suffisamment de calories pour vous faire fonctionner pendant des semaines. Votre corps n’est pas une voiture dotée d’un réservoir de 10 litres ; c’est un moteur hybride disposant de deux systèmes d’alimentation en carburant totalement distincts.
Le premier fonctionne au glucose : rapide et pratique, il est stocké en quantités infimes dans le foie et dans le sang. De quoi couvrir, tout au plus, une journée d’activité modérée. Le second fonctionne aux graisses : leur accès est plus lent, mais leur capacité de stockage est immense. Même une personne mince porte en elle l’équivalent de plus de 100 000 calories sous forme de graisse corporelle. Ce n’est pas par accident que le corps a constitué cette réserve. Il l’a fait parce que durant 99% de l’histoire de l’évolution humaine la nourriture n’était pas disponible en permanence, mais de manière intermittente [1]. Les organismes capables non seulement de survivre, mais aussi de gagner en acuité durant les périodes de disette — ceux qui devenaient plus vifs et plus concentrés lorsqu’ils avaient faim, au lieu de ralentir et de perdre leurs moyens — étaient ceux qui survivaient assez longtemps pour manger à nouveau [2]. Il ne s’agit pas ici d’une philosophie prônant une alimentation réduite, mais d’une question de mécanique biologique fondamentale : si un prédateur affamé représente la version la plus redoutable de lui-même — alerte, focalisé, tous sens en éveil —, ce n’est pas un hasard : c’est une caractéristique intrinsèque de sa conception. Le jeûne n’affaiblit pas le cerveau ; il en optimise le fonctionnement.
Les cétones, un carburant produit par le foie lorsque le glucose disparaît, ne sont pas qu’une source d’énergie de secours, mais constituent pour les neurones, à apport calorique égal, une source d’énergie plus propre et plus efficace que le glucose. Les études sur les performances cognitives lors de jeûnes modérés montrent systématiquement une amélioration de la mémoire active, de la vitesse de traitement de l’information et de la capacité de concentration. La sensation de brouillard mental, de lenteur et d’irritabilité que l’on associe au fait de sauter un repas résulte presque toujours d’une chute brutale de glycémie après une consommation excessive de nourriture, et non suite à une consommation réduite.
C’est ici que le mécanisme interne se révèle : chaque fois que vous mangez, votre corps libère une hormone appelée insuline. Le rôle de l’insuline est de transporter le glucose présent dans le sang à l’intérieur des cellules afin qu’il y soit emmagasiné. C’est un signal d’une puissance extraordinaire, et tant qu’elle circule dans l’organisme, elle verrouille vos réserves de graisse. Tant que l’insuline est présente, la réserve reste fermée : impossible d’accéder aux graisses emmagasinées — quelle que soit leur quantité. La seule clé capable d’ouvrir ce verrou est l’absence de nourriture. Lorsque le taux d’insuline baisse — ce qui commence à se produire quelques heures après le dernier repas —, le verrou saute, le taux de glucagon augmente et l’organisme bascule vers son système énergétique secondaire avec une efficacité silencieuse et éprouvée, affinée au fil de millions d’années [3].
Dans notre monde moderne, la plupart des gens n’atteignent jamais cet état ; non parce que le corps aurait oublié comment s’y prendre, mais parce que nous recommençons à manger avant qu’il n’en ait eu l’occasion. Aujourd’hui, l’adulte moyen s’alimente sur une plage horaire de 14 à 16 heures par jour. Il ne reste donc au corps que 8 à 10 heures — principalement pendant le sommeil — pour puiser dans ses réserves de graisse, effectuer ses cycles de maintenance cellulaire et activer l’autophagie. Et pour beaucoup, cette fenêtre est encore plus courte. Un goûter tardif, un verre de jus de fruits le matin, une poignée de denrées en soirée : chacune de ces habitudes réinitialise l’horloge de l’insuline et referme la porte de la réserve. Les éboueurs ne passent jamais, l’équipe de maintenance ne reçoit jamais le signal, et les débris cellulaires s’accumulent… non parce que le système serait défaillant, mais parce qu’il n’obtient jamais assez de repos pour fonctionner.
Votre corps fonctionne grâce à deux systèmes énergétiques totalement distincts et comprendre leurs interactions change la donne quant à votre vision de la faim, de l’énergie et de la graisse.
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Le premier système fonctionne au glucose : il est rapide, immédiat et toujours en première ligne. Lorsque vous consommez des glucides, ou dans une moindre mesure des protéines, votre système digestif les décompose en glucose, les achemine via votre circulation sanguine, et vos cellules les brûlent en quelques heures. Pour votre corps, c’est ce qui se rapproche le plus de l’argent liquide : pratique, disponible immédiatement et vite dépensé. Le foie et les muscles peuvent en stocker une petite réserve sous forme de glycogène, suffisante pour alimenter environ 12 à 18 heures d’activité modérée. C’est votre garde-manger : petit, proche de la cuisine et facile à réapprovisionner.
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Le second système fonctionne à la graisse. C’est ici que le modèle mental de la plupart des gens s’effondre totalement. La graisse n’est pas emmagasinée par erreur. Il ne s’agit pas d’un surplus que le corps n’aurait pas su traiter. C’est votre réserve d’énergie à haute densité, délibérément conçue par l’organisme pour combler les intervalles entre les repas. Même un individu d’apparence mince selon les critères habituels comporte suffisamment de graisse entreposée : entre 30 000 et 50 000 calories. Un adulte moyen en possède assez pour faire l’aller-retour à pied entre Lagos et Abuja [NdT au Nigéria] — deux fois — sans prendre le moindre repas. Le corps n’a pas constitué cette réserve en espérant que vous ne l’utiliseriez jamais ; il l’a créée parce que son utilisation faisait partie du plan dès le départ. Ce que personne ne vous a dit, c’est que ce plan nécessite une condition spécifique pour s’activer, une condition que permet rarement la vie moderne.
La transition d’un système à l’autre — du glucose à la graisse, du garde-manger à la réserve — ne se fait pas automatiquement à la simple impulsion d’une légère faim. Ce processus est sécurisé et l’insuline en est le gardien. Chaque fois que de la nourriture pénètre dans votre organisme, votre pancréas libère de l’insuline. La quantité libérée dépend de la quantité de glucose absorbée et de la vitesse à laquelle il pénètre dans le sang. Un bol de riz blanc provoque un pic brutal, tandis qu’une poignée de noix entraîne une hausse modérée. Un verre d’eau ne l’influence nullement.
Le rôle principal de l’insuline est d’agir comme un agent de la circulation escortant le glucose hors du sang pour l’acheminer vers les cellules avant que la glycémie n’atteigne des niveaux dangereux. Elle accomplit parfaitement cette tâche. Mais, concomitamment, l’insuline joue un autre rôle, dont on parle rarement : elle verrouille les réserves de graisse. Imaginez-la comme une clé physique. Tant que l’insuline circule dans l’organisme — ce qui se produit pendant deux à quatre heures après un repas copieux, voire plus longtemps —, l’enzyme chargée de décomposer les graisses entreposées est chimiquement inhibée. La porte de la réserve n’est pas seulement fermée ; elle est verrouillée de l’extérieur. Vos cellules adipeuses deviennent littéralement inaccessibles. Vous pouvez vous sentir épuisé, fatigué, en manque d’énergie, mais votre corps refusera toujours d’ouvrir ces portes tant que l’insuline sera présente. Le signal indiquant «utilisez les réserves» et celui indiquant «je viens de manger» ne peuvent coexister. L’un neutralise l’autre.
Chaque fois que vous mangez, ne serait-ce qu’une petite quantité ou un aliment apparemment anodin, le compteur repart à zéro ; le verrou se remet en place ; les réserves restent scellées. C’est pourquoi le grignotage incessant — souvent présenté comme une stratégie métabolique — produit exactement l’effet inverse de ce que promettent ses partisans. Si vous mangez toutes les deux ou trois heures, l’insuline ne s’élimine jamais complètement et le corps reste en permanence en mode stockage : il bâtit, il accumule, il gère l’apport en glucose, mais il ne reçoit jamais le signal de changer de piste. La réserve se remplit davantage au fil des mois et des années, et la clé pour l’ouvrir ne sert jamais dans la mesure où la condition nécessaire à produire cette clé — baisse de l’insuline et hausse du glucagon propres au repos suivant l’élimination complète d’un repas — ne survient jamais.
C’est ici que la question de la faim devient à la fois étrange et cruciale. La plupart des gens imaginent que la faim s’intensifie de manière linéaire à mesure que le jeûne se prolonge : si l’on saute le déjeuner, on ressent une légère faim à midi, une faim plus vive à 13 heures, une faim dévorante à 14 heures et un état de défaillance totale à 15 heures. Or, ce n’est pas ce qui se passe réellement dans l’organisme. Ce qui se passe en réalité est franchement plus intéressant. La faim est principalement régie par une hormone appelée ghréline produite par la muqueuse de l’estomac. Le taux de ghréline augmente en prévision des repas. Cette hausse est en partie conditionnée par vos habitudes alimentaires ; c’est pourquoi vous ressentez la faim aux heures où vous mangez habituellement, et ceci même si vos réserves énergétiques ne sont pas épuisées. Toutefois, le taux de ghréline ne grimpe pas indéfiniment : il atteint un pic, puis redescend, que vous mangiez ou non. Cette vague monte et retombe selon un cycle d’environ vingt minutes ; cela signifie que la sensation de faim la plus intense que vous éprouvez — cette envie vive et insistante qui s’apparente à une urgence biologique — a une limite : elle disparaîtra en moins de vingt minutes si vous la laissez s’estomper.
C’est un point crucial, car la plupart des gens n’ont jamais fait l’expérience de cette situation vu que tout au long de leur vie d’adulte, ils ont réagi à chaque vague de gargouillement de leur estomac. Le signal survient, ils mangent, le signal disparaît, et ils en concluent que manger a résolu le problème. Or, le signal aurait fini par disparaître de lui-même. C’est simplement qu’ils ne sont jamais restés assez longtemps sans manger pour le sentir s’estomper naturellement. Que se passe-t-il si l’on reste sans manger ? Que se passe-t-il dans l’organisme durant ces heures de repos où le taux d’insuline a chuté, où la ghréline est apparue puis a disparu, et où les réserves de graisse peuvent enfin communiquer librement avec le reste du système ?
Deux processus s’enclenchent alors, dont presque personne, dans notre mode de vie moderne, ne laisse le cycle se dérouler jusqu’au bout :
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Le premier est la transition métabolique : à mesure que le taux d’insuline baisse et le taux de glucagon augmente ( le glucagon étant l’hormone antagoniste à l’origine de la libération de l’énergie plutôt que de son stockage ), le foie se met à transformer la graisse stockée en corps cétoniques. Les cétones ne sont pas le carburant du désespoir. Ce ne sont pas des molécules produites par l’organisme malgré lui faute d’une autre option. Il s’agit de molécules hautement raffinées et très concentrées en énergie que le cerveau et le cœur privilégient dans certaines conditions, et dont la combustion génère beaucoup moins de sous-produits d’oxydation que celle du glucose. Cette légère acuité cognitive que beaucoup ressentent après douze heures ou plus de jeûne — cette impression que les idées sont plus claires et la concentration meilleure — ne relève pas de la volonté. C’est le signe que le cerveau fonctionne avec un carburant plus propre. Les prédateurs d’autrefois ne devenaient ni léthargiques ni confus lorsque la nourriture se faisait rare ; au contraire, leurs sens devenaient plus aiguisés, leur mémoire active s’améliorait, et leur attention sensorielle se focalisait davantage. Si le chasseur n’ayant pas mangé depuis dix-huit heures était plus redoutable que celui qui venait de terminer un repas, ce n’était pas une question de motivation. Cela tenait au passage des cétones à travers la barrière hémato-encéphalique et à l’amélioration de l’efficacité de la signalisation neuronale. C’est ce que la recherche appelle désormais «l’avantage du chasseur». L’état de jeûne métabolique modéré ne nuit pas au cerveau, au contraire, il active un mode de performance plus élevé suivant l’évolution du cerveau, précisément afin de fonctionner dans ces conditions.
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Le second processus qui s’enclenche durant le jeûne est plus singulier, plus intime et, sans doute, plus déterminant pour la santé à long terme que tout autre mécanisme biologique de votre organisme. Il s’agit de l’autophagie. Ce mot vient du grec autos (soi-même) et phagein (manger), signifiant littéralement «se manger soi-même». Bien que cela puisse sembler alarmant, ce terme désigne en réalité l’un des systèmes de maintenance les plus ingénieux de la biologie. Chaque cellule de votre corps accumule des débris au fil du temps : protéines mal repliées, mitochondries endommagées produisant plus de déchets que d’énergie, fragments viraux ou bactériens ayant échappé au système immunitaire, lipides oxydés, et toutes sortes de déchets moléculaires. En temps normal — en état d’alimentation continue —, la cellule est en mode «construction» : le taux d’insuline est élevé, l’enzyme mTOR est active et la cellule se concentre sur la croissance et la production. Aucun signal de nettoyage n’est émis. Il n’existe pratiquement aucune voie ouverte au nettoyage. Toutefois, lorsque survient le jeûne, quand le taux d’insuline reste bas assez longtemps et qu’un capteur protéique appelé AMPK détecte une baisse d’énergie et déclenche une cascade de signaux, la cellule déploie des membranes appelées autophagosomes. Ces membranes englobent les débris accumulés, fusionnent avec le mécanisme digestif interne de la cellule et décomposent les déchets en composants moléculaires élémentaires : acides aminés, lipides, sucres — autant de briques essentielles à la réparation et au renouvellement cellulaire. Les déchets ne sont pas jetés, mais desassemblés et réutilisés ; le système d’élimination fait aussi office d’usine. Ce qui est éliminé lors de l’autophagie n’est pas négligeable : le processus cible sélectivement les structures les plus étroitement liées au vieillissement et aux maladies.
Les mitochondries ( éléments cellulaires les plus associés à l’inflammation, à la neurodégénérescence et aux dysfonctionnements métaboliques ) endommagées constituent une cible privilégiée, tout comme les protéines mal repliées, dont l’accumulation est directement impliquée dans la maladie d’Alzheimer, la maladie de Parkinson et diverses autres affections.
La décision du Comité Nobel d’attribuer à Ohsumi sa plus haute distinction en médecine n’avait rien de protocolaire, mais reposait sur le fait qu’il est difficile de surestimer l’importance de l’autophagie dans la santé humaine. Il s’agit d’un système qui fonctionne automatiquement, ne coûte rien à activer, ne nécessite aucune intervention pharmaceutique [4] et démantèle spécifiquement les structures cellulaires les plus responsables des maladies chroniques ; la seule chose qui se tient entre vous et son fonctionnement optimal est le temps de repos nécessaire.
Si ces mécanismes remarquables — le changement de mode, le verrouillage de l’insuline, la vague de faim, l’avantage des cétones et le nettoyage cellulaire — s’inscrivent dans un même récit, c’est qu’ils ne constituent pas des éléments distincts. Ce sont un seul et même système. Il s’agit du même programme ancestral qui se déroule en séquence, chaque étape débloquant la suivante : le taux d’insuline chute ; les réserves de graisse sont mobilisées ; le foie commence à produire des cétones ; le cerveau fonctionne de manière plus efficace et plus précise ; et, au plus profond des cellules qui composent chaque organe de votre corps, des membranes s’ouvrent discrètement, se mettent au travail et commencent à démanteler les déchets accumulés depuis la dernière fois où vous leur avez accordé le repos nécessaire à leur fonctionnement. Votre corps n’a pas été conçu pour être nourri en continu. Il a été conçu pour fonctionner par cycles, et ces cycles ne fonctionnent pas si l’un de leurs composants est inactif.
Une peur persistante sous-tend la plupart des discussions sur le jeûne et il est essentiel de l’aborder de front avant toute chose. Cette peur est la suivante : sans un apport constant de protéines et de calories, le corps commencera à puiser dans ses propres muscles ; sauter des repas est un acte lent d’autodestruction ; la personne qui jeûne troque sa flexibilité métabolique contre une détérioration physique… Cette peur est non seulement infondée, mais elle est exactement contraire à la réalité. Lorsque le corps entre en état de jeûne et amorce sa transition vers le métabolisme de la graisse, l’une des réponses hormonales les plus puissantes qu’il produit est une augmentation spectaculaire de l’hormone de croissance. Chez les hommes, des études ont mesuré des augmentations allant jusqu’à 2 000% par rapport au niveau de base après 24 heures de jeûne. Chez les femmes, les augmentations sont légèrement inférieures, mais restent néanmoins extraordinaires d’un point de vue physiologique.
L’hormone de croissance ne crée pas de muscles à partir de rien ; elle nécessite un entraînement, une stimulation et un apport protéique adéquat sur la durée. Cependant, son rôle principal pendant le jeûne est protecteur. Elle signale au corps de préserver les tissus maigres à tout prix. C’est pourquoi un chasseur qui n’avait pas mangé depuis deux jours était encore physiquement capable de poursuivre une proie. Le corps avait besoin de ces muscles, de cette densité osseuse, et il disposait d’un mécanisme perfectionné au cours de millions d’années [5] pour garantir la protection de ces ressources pendant les périodes de disette, en orientant toute l’énergie disponible vers les réserves de graisse et en l’éloignant des tissus structurels. L’idée que le corps se tourne vers les muscles comme source d’énergie quelques heures seulement après un repas sauté témoigne d’une méconnaissance totale de la gestion de l’énergie chez l’être humain. Le catabolisme musculaire — la véritable dégradation des tissus structurels pour produire de l’énergie — survient en cas de jeûne extrême et prolongé [6], et non après avoir sauté un repas ; le pic d’hormone de croissance y contribue. Cette hormone agit comme un mécanisme de survie biologique déclenché automatiquement dès la détection du jeûne, garantissant ainsi que les mécanismes nécessaires à la survie restent pleinement fonctionnels jusqu’au prochain repas.
Mais l’hormone de croissance n’est pas la seule à bénéficier d’un répit lorsque l’on cesse de s’alimenter. Prenons l’exemple de ce qui se passe dans votre tube digestif à chaque ingestion d’aliments. Du point de vue du système immunitaire, la digestion est une réaction d’urgence contrôlée. Les aliments sont des corps étrangers [7]. Ils contiennent des bactéries, des fragments cellulaires végétaux et animaux, des protéines jamais présentes auparavant dans votre organisme, et des quantités infimes de substances inconnues du système immunitaire. Chaque repas déclenche une réponse immunitaire de faible intensité dans l’intestin, impliquant la mobilisation de cellules de surveillance, une augmentation de la signalisation inflammatoire et une inspection minutieuse de tout ce qui y transite. La plupart du temps, cette réponse est si bien gérée qu’elle passe inaperçue ; mais elle n’est jamais gratuite. Elle coûte de l’énergie, sollicite le système immunitaire et, au fil d’une vie entière à manger toutes les quelques heures, les déchets s’accumulent. La muqueuse intestinale qui n’est qu’une simple couche de cellules épithéliales séparant le contenu des intestins de la circulation sanguine est l’un des tissus les plus actifs de l’organisme sur le plan métabolique. Elle se renouvelle complètement tous les 3 à 5 jours et nécessite des ressources constantes. Lorsqu’elle est continuellement mobilisée pour la digestion, elle a peu de temps à consacrer aux cycles de réparation profonde qui maintient son intégrité structurelle. Une muqueuse intestinale fragilisée n’est pas qu’un simple désagrément digestif : c’est l’un des principaux facteurs d’inflammation systémique, celle qui circule dans le sang, se loge dans les articulations et les parois artérielles et se manifeste des années plus tard par des affections apparemment sans lien avec la digestion.
Le jeûne offre un répit à l’intestin. Il permet au système immunitaire de se reposer de ses fonctions d’inspection constantes. La charge inflammatoire diminue. Le cycle de réparation se met en marche. La muqueuse dispose de plusieurs heures, parfois les premières heures ininterrompues depuis des années, pour se consolider et se renforcer. Les cellules immunitaires, constamment présentes au niveau de la paroi intestinale, sont libérées en vue d’autres fonctions. Il ne s’agit pas d’un effet secondaire du jeûne, mais bien d’une de ses fonctions physiologiques essentielles : un repos systémique pour un organisme qui, dans le monde moderne, n’en bénéficie presque jamais.
Revenons un instant à l’architecture énergétique étant donné que le schéma complet de l’origine de l’énergie corporelle pendant un jeûne est plus complexe qu’on ne le pense généralement. Les réserves — glycogène hépatique et glucose sanguin — constituent la première ressource ; une source dans laquelle puise l’organisme. C’est une réserve rapidement accessible, immédiatement utilisable et c’est le carburant privilégié du cerveau dans des conditions normales. Mais elle est limitée : elle suffit pour 12 à 18 heures d’activité modérée, puis finit par s’épuiser considérablement. C’est là que s’arrête la compréhension qu’ont la plupart des gens du jeûne, car l’épuisement du glycogène laisse penser que l’organisme n’a plus d’autres options.
Or, ce qui se passe ensuite est tout le contraire d’une panne sèche. L’organisme ne se heurte pas à un mur ; il ouvre une porte. La réserve — vos tissus adipeux, cette graisse répartie sur les hanches, l’abdomen, les cuisses et autour des organes — renferme une énergie dont la quantité éclipse celle du garde-manger dans des proportions presque inimaginables : 100 000 calories chez une personne de poids moyen, de quoi assurer toutes les fonctions physiologiques pendant des semaines. L’organisme a accumulé ces réserves au fil des ans, méthodiquement et soigneusement, en réponse à chaque repas apportant plus d’énergie que nécessaire. Il a constitué cette réserve au prix d’un investissement biologique considérable., et son plan — celui qu’il a toujours eu — consistait à l’utiliser durant les périodes de carence. Non à la stocker indéfiniment tout en faisant fonctionner l’organisme grâce à un apport continu de glucose. Pour l’utiliser réellement, les cellules adipeuses libèrent les triglycérides qu’elles contiennent dans la circulation sanguine. Le foie les transforme en corps cétoniques. Les muscles, le cœur et le cerveau adaptent leur mécanisme métabolique pour assimiler ces nouveaux carburants. L’organisme découvre alors — parfois pour la toute première fois dans la vie de l’individu qui l’habite — que cette réserve a toujours été là, toujours pleine, toujours disponible, attendant simplement que le verrou de l’insuline saute. Mais peut-être que le phénomène le plus profond et le plus déterminant qui survient durant un jeûne n’a rien à voir avec le carburant !
Au cœur du noyau de chaque cellule de votre corps, votre ADN subit une agression constante et de faible intensité : rayons ultraviolets, stress oxydatif, sous-produits de l’activité métabolique normale… autant d’éléments qui engendrent des erreurs dans le code génétique : ruptures de brins, erreurs de copie, dommages structurels qui s’accumulent au fil des décennies. L’organisme dispose de mécanismes de réparation pour y remédier : un mécanisme moléculaire sophistiqué qui parcourt les brins d’ADN, détecte les erreurs et les corrige. Toutefois, tout comme l’autophagie, ces processus de réparation nécessitent une condition spécifique pour fonctionner à plein régime. Elles nécessitent que la cellule se trouve dans un état de faible disponibilité énergétique, un état qui signale au niveau moléculaire le plus profond que les ressources sont rares et que la préservation est la priorité. Les protéines chargées d’orchestrer une grande partie de cette réparation sont appelées sirtuines. On les qualifie parfois de «gènes de la longévité», non parce qu’elles sont magiques, mais parce que les organismes présentant une activité accrue des sirtuines vivent systématiquement plus longtemps, vieillissent plus lentement et affichent une meilleure résistance aux maladies liées au vieillissement cellulaire. Les sirtuines régulent la réparation de l’ADN, contrôlent l’expression des gènes inflammatoires, gèrent la santé mitochondriale et coordonnent la réponse cellulaire au stress, favorisant systématiquement la survie à long terme au détriment de la croissance à court terme. Elles sont activées par une molécule appelée NAD+ dont la disponibilité augmente pendant le jeûne. À l’inverse, leur activité est inhibée par la présence constante d’insuline, l’activation de mTOR et la signature biochimique d’un état d’alimentation continue.
Les implications sont loin d’être anodines : un organisme qui ne jeûne jamais est un organisme chez qui la piste des sirtuines, l’un des mécanismes de longévité les plus conservés en biologie, ne fonctionne qu’à une fraction de son potentiel. Non parce qu’elle est défaillante, mais parce que le signal nécessaire à son activation n’advient jamais.
Concrètement, qu’est-ce que cela signifie ?
À quoi ressemble, en pratique, le fait d’accorder suffisamment de repos pour que ce système — qui inclut les mécanismes de combustion de la graisse, la réponse de l’hormone de croissance, le cycle de réparation intestinale, la piste des sirtuines et le nettoyage cellulaire — puisse opérer ?
La réponse est bien plus simple que les fondements biologiques la justifiant.
Le corps humain n’a pas besoin de jeûnes prolongés de plusieurs jours pour bénéficier de la plupart de ces avantages. Les recherches sur l’alimentation à durée limitée — la pratique consistant à limiter systématiquement la prise d’aliments à une plage horaire définie chaque jour — montrent qu’une fenêtre de 8 heures ou moins suffit à déclencher une transition métabolique significative, l’autophagie et l’activation des sirtuines, chez la plupart des gens. Cela implique de prendre son premier repas à midi et le dernier à 20 heures, ou bien de prendre son premier repas à 9 heures du matin et le dernier à 17 heures [8]. Les horaires précis importent moins que la régularité et la durée de la période de jeûne entre les repas. Le processus de retour à ce modèle — ce que certains chercheurs appellent «rembobiner le métabolisme» — ne se fait pas du jour au lendemain. Un organisme nourri sur une plage de 16 heures par jour pendant des décennies a calé ses rythmes de faim, sa sensibilité à l’insuline et ses cycles hormonaux sur ce schéma. Les premiers jours de réduction de la fenêtre d’alimentation peuvent entraîner des signaux de faim plus intenses, une légère irritabilité ou une baisse d’énergie initiale, le temps que l’organisme se recalibre. Cela ne prouve pas que le jeûne est néfaste ; cela témoigne simplement du fait que le système s’ajuste et réapprend. Le corps retrouve son fonctionnement naturel. En une à deux semaines, l’adaptation est généralement complète. La ghréline s’adapte au nouveau rythme ; la sensibilité à l’insuline s’améliore, les fringales deviennent gérables, voire prévisibles. La réserve se met à contribuer de façon significative à l’énergie quotidienne et aux périodes de maintenance — ces heures de calme où le système immunitaire se régénère, où l’intestin se répare et où les sirtuines font leur travail — et devient un mécanisme fiable du fonctionnement quotidien de l’organisme, et non plus un accident occasionnel.
Aucun complément alimentaire ne produit ces effets. Aucun médicament ne les reproduit. L’ensemble de ce processus — oxydation des aliments, production de cétones, préservation de l’hormone de croissance, repos du système immunitaire, réparation de l’ADN — est accessible à chaque être humain [9] gratuitement, simplement, simplement en ménageant suffisamment de temps entre les repas pour que le corps se souvienne de ce pourquoi il a été conçu.
Vous n’êtes pas des ruminants. Vous avez été conçus pour «faire bombance puis jeûner», et pour devenir, dans les heures de repos qui séparent vos festins, quelque chose de plus réparé, de plus résilient et de plus vivant que la version de vous-même qui mangeait sans relâche empêchant le processus salutaire de s’enclencher.
Traduit de l’anglais par BibiCabaya (13 juillet 2026). Voir mes consignes de partage à la page d’accueil.
VIDÉO : Why Your Body Was DESIGNED for Fasting https://rumble.com/v7banxy-why-your-body-was-designed-for-fasting.html , publié par SettingBrushfires https://rumble.com/user/SettingBrushfires , 16 juin 2026.
LES NOTES DE BIBICABAYA :
1 Ah, les histoires qu’on nous raconte !…
2 C’est-à-dire tous ceux qui pratiquaient le jeûne… Le jeûne étant un procédé naturel et universel dans la Création.
3 Aaarrrghh !!!! Quand j’entends ces formules «depuis des milliers d’années», «depuis des millions d’années» voire « depuis des milliards d’années», ça me crispe… Où sont les preuves de ce qui ce serait passé à des époques aussi reculées ? C’est un peu comme le Big Bang… qui signifie littéralement «grand bruit» — oui, ça fait beaucoup de bruit ce truc… Ça fait couler de l’encre aussi… et l’encre, ça ce vend.
4 Ni chirurgicale.
5 Aaaarrrghhh !!! Je ne crois pas que l’homme soit sur terre depuis «des millions d’années» et la «science» n’a apporté aucune preuve (à part des «théories» fumeuses) que c’est le cas. Je crois que le corps humain n’évolue pas : il est créé PARFAIT ab initio ( à l’image de Dieu ) dans toutes ces nuances et ses fonctionnements. Cela n’a strictement rien à voir avec les périodes de disette ou d’abondance. Dans tous les cas, le mécanisme décrit dans cette vidéo est valable qu’il y ait ou non de la nourriture disponible. N’oublions pas le proverbe qui dit que «nous creusons notre tombe avec nos dents», ce qui signifie clairement que sans les périodes de repos physiologique accordées à notre organisme, nous allons directement dans la tombe… en passant par BigPharma !
6 Auquel cas, on parle d’inanition et non plus de jeûne… Mais la plupart des gens, même minces, ont des réserves de graisse pour au moins 20 jours (trois semaines) ! Alors, on se calme…
7 Serions-nous fait pour ne vivre que de prana (éther) ? Et, dans ce cas, pourquoi tant de fruits délicieux sur toute la terre ?…
8 Ce processus ne laisse la place qu’à deux repas maximum par jour.
9 Comme il l’est aux animaux puisque nous savons que les animaux jeûnent pour de nombreuses raisons, surtout quand ils sont blessés afin de réparer leurs lésions internes et externes. Le jeûne est donc un procédé universel à travers la Création.
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